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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:18

me viendra le jour

de poser

le mot dernier

comme un ultime pas

sur lequel

nul ne reviendra

empreinte friable

laissée à l'haleine du vent

 

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j'observe

plus que je n'espère

de ces jours blottis

dans les pelotes de laine

de mon gilet marin

aui n'a jamais pris la mer

 

----------------------------------------------

 

parfois le jour

ne tient qu'à peu

une éclaircie sur la baie

la main tendre

de la marée

sur l'estran

l'envol glacial

des goélands crieurs

 

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dans les jours séditieux

que tes propos fomentent

les mots te sont comptés

 

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si tu savais

le triste requiem

des vents

la chaleur de l'âtre

et le métronome de l'horloge

cette patience

qui de ma vie

égrène les secondes

 

---------------------------------------------------

 

maintenant que les vents

vont aux gelées

c'est à toi

que je pense

frêle rouge-gorge

du printemps

à tes matins frileux

et ton chant perdu

 

---------------------------------------------------

 

si ta main fébrile

ne voit pas le jour

qui ouvrira

les volets bleus

sur la côte sauvage

qui dira

les cils du soleil

aux doigts du genêt ?

 

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même si ma nuit vient

avant que Bretagne

n'ait revu le jour

sachez que toute mon âme

avec vous

j'aurais espéré

 

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elle avait des yeux

comme

les rochers larmoyants

de son pays

à jamais bercés

par les marées

sur le mouchoir fin du sable

elle portait sa vie

 

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il ne me reste

que mes doigts de cendres

et quelques mots

partis en fumée

le tabac apaise

mon univers inerte

et je fume par amour

 

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nos vies étaient là

dans la bouche brûlante

des années incandescentes

bientôt les jours espérés

ne seront que cendres

 

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je vous envoie

la baie de douarnenez

la folle écume

et le beau gris de la mer

je vous envoie

l'envol du cormoran glacial ...

 

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parfois

dans les dernières heures de l'an

je regardais le cadran de l'horloge

et je pleurais

de ton absence éternelle

pour les années possibles

 

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je n'aurais pas la force

d'affronter seul

les vents d'hiver

j'espère

qu'ils me prendront

puis me porteront

aux frissons des argiles

 

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il ne me reste rien

que le sanglot de l'horloge

qui use le métronome

de mon coeur

 

------------------------------------------------------

 

tu m'avais dit

d'arrêter de rêver

par tous les pas glacés

de décembre

j'ai essayé

mais ma vie

ne vaut rien

sans toi

 

----------------------------------------------------

 

chaque bruit sur la terre

me faisait penser à toi

chaque seconde

chaque matin

je t'attendais

et il me venait des larmes

dans l'hiver

 

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alors que tout me quitte

j'espère le meilleur pour vous

aimez chaque instant

et le chemin

qui mène à la mer

 

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l'oiseau mort de l'hiver

va à la disparition du sel

à l'usure patiente

de l'écume

à ta main qui va

d'épiderme en épiderme

...

et oublie

 

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rien en moi

ne s'excuse

je t'ai aimée

comme les caresses de la marée

aux falaises

 

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lorsque mes jours

se compteront

sur les doigts d'une main

je n'attendrai plus la tienne

pour me mener

à mon dernier matin

 

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même si je deviens

un vieil homme

un jour ...

je garderai

mes yeux d'enfant

 

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je ne te dis pas

le vide de ma vie

derrière le vernis

le coeur tendre de l'aubier

l'écorce rugueuse du matin

sans toi

 

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je veux aller avec toi

sur le chemin vert du printemps

j'ai peur

parfois

d'un éternel hiver

 

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auras-tu ecore la force

de pousser la sève

vers la cime du chêne

je te vois si dénudé

si dépouillé

dans les morsures froides du temps

 

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devant la mer

je ne suis

que le spectateur

désarmé et fugace

de l'éternité

 

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l'incessant des marées

n'est que l'immuable

toujours recommencé

 

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tu vois le chemin qui serpente

vers le sommet de la colline

j'y suis presque

 

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les printemps se superposent

les jours s'empilent

les ans tissent nos vies

Ô combien impuissant

je suis

 

-------------------------------------------------------

 

je venais de mon enfance

et jour après jour

j'y retournais

 

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crois-tu

que je n'ai pas souvenir

de ton regard mélancolique

qui cherchait

hier dans le présent

l'ailleurs

ici et maintenant

 

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le roulis de la mer

ne se souviendra pas

des oiseaux légers

du chahut de la place des halles

ni des chaluts perdus

 

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puis les gémissements du vent

dans le tintamarre des drisses

apaisaient mon coeur naufragé

pour une autre marée

une larme sur la jetée

 

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je serrais dans mes mains vides

le souvenir de ton bras

j'avais toute la mer à pleurer

dans ma nuit

et des cernes d'écume

 

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la balise de l'île tristan

éclairait la sardine de granit

qui bouchait le port de tréboul

et j'allais à la mer

au bout du quai

 

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une odeur de vin chaud

réchauffait les trottoirs

des clameurs s'élevaient

des esprits échauffés

par les verres vides

des marées d'hiver

 

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déjà la nuit dévorait

les lambeaux du jour gris

le long des quais

à douarnenez

les estaminets du port

affichaient déjà

les lampions de noël

 

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ils prennent la fuite

la besace pleine de millions

je suis inquiet

pour l'affamé qui meurt

au coin des rues

l'humain est minable

avec son frère

 

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ah ! le pauvre de nos vies

si vous saviez

la tristesse

lorsque le soleil

ne se lève jamais

une communion

avec le frimas pour drap

 

___________________________________

 

ma vie s'est perdue ainsi

de mots en phrases

d'images en espoirs

et c'est vrai que là

je voudrais mettre ton visage

à la place du ciel

 

-------------------------------------------------------------

 

adoucir ses mots

arrondir sa phrase

la faire belle

comme un arbre de noel !

n'est-il pas là

l'amour que j'ai pour toi

 

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au noir de l'hiver

j'étais pressé de retrouver

la chaleur des lampes douces

je t'espérais

même si je savais

que tu ne viendrais plus

 

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même si je ne fus que peu

pour certains

je fus déjà trop !

 

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le tambourin de la pluie

a distendu

le bois des charpentes

et le clavier des ardoises bleues

joue un requiem

pour le jour

qui file déjà

 

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voilà !

je suis parti

par les bras des rues

et je crève sans elle

comme ma voix au ressac

 

--------------------------------------------------------------

 

un jour elle dira:

cet homme était là pour moi

et je ne l'ai pas vu

malgré son insistance

depuis je porte son souvenir

par les rues

 

---------------------------------------------------------------

 

cette capacité qui était la tienne

de sonder les regards perdus

te rendait redoutable

tu cherchais le vrai

car c'était le seul chemin

 

---------------------------------------------------------------

 

vas pleurer

parce qu'il te reste des larmes

vas pleurer

pour celles qui n'en ont plus

 

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je n'ai pas compris

ce silence après tant de chaleur

je n'ai pas compris

cet éloignement

après tant de proximité

mon chien me regarde ....

 

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je crois

que je vais fermer les volets

de ma petite maison bretonne

je crois

que les jours

me seront longs

et la douleur tenace

 

------------------------------------------------------------------

 

je vais à la mer

à la marée qui efface

le sombre de nos idées

et nos pas sur le sable

je m'en vais à cet oiseau

dans le vent frais

qui apaise

 

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j'étais là

sur la terre à t'attendre

maintenant que je n'y plus

inutile de pleurer le ruisseau

qui court des plomarc'h

et sa rue

 

-------------------------------------------------------------------

 

après la vie

vient la strate des mousses

du sous-bois

elle gommera les aspérités

des existences

et posera un doux tapis

sur ma pierre

 

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et ces reliques angoissées

destinées à l'oubli

il n'en restera rien

quelques cendres

et la quiétude de ton chant allé

 

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avec le temps allant

que te reste -t-il

mon pauvre enfant

une poignée de sable

le chant de l'horloge

et la peur d'une mort certaine

 

-----------------------------------------------------------------

 

nul de plus que moi

ne pleure

les mots anciens

la main tendue de l'estuaire

le chant errant des calvaires

personne d'eux

ne me regarde

 

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là-bas

la coque du bateau amarré

tape le quai

comme mon coeur

dans ma poitrine d'humain

fraternel et sensible

ah le maigre filin de la vie !

 

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mon saule a perdu

toutes ses feuilles

et je sais que tu m'as oublié

mon arbre pleureur et moi

pleurons des gerbes de pluie

 

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je n'attends rien

même pas le silence

des premières neiges

sans ta main

tout m'est vain

même l'espoir d'avril

 

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et ce dimanche passa

d'averse en averse

tout continue tu vois !

même si la mort

nous délivre

du pas pesant des argiles

vers le printemps

 

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pour déverser

tant de larmes

le ciel doit être vraiment

très chagriné

 

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tous se jouaient de moi

comme si je fus un humain

de seconde zone : un chien !

 

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bientôt 16 heures

et le rideau du jour

tombe déjà

la lampe douce

lisse une rouge pomme

l'âtre anime

quelques ombres

hiver vous dis-je !

 

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je suis pour la folie des vagues

et des écumes

la valse des sentiments ...

les tièdes ne n'intéressent pas

ou plus ...

 

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le résultat ne vaut

que si le chemin est âpre

 

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une main

une épaule

un partage

et finalement rien ....

toutes les portes se fermaient

comme ses paupières

sur une évidence

 

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mon rêve

était bien peu

mais chacun

avait tout fait

pour me le rendre

inaccessible

et j'en crevais

 

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Published by yann erwan paveg
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